Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Roland Francart

(Paru dans Gabriel n°43)

  Depuis plusieurs années, mon ami Roland Francart (Franky) me vantait la convivialité et l`originalité du Festival BD de Solliès-Ville dans le Midi. Ne sachant résister longtemps à son « chant de sirène », j`ai pris l`avion et me voilà à Bruxelles. Je suis parti de Bucarest sous une température de 38°C et je suis arrivé à Zaventem à 22°C. Roland m’attendait avec un grand tapis de fleurs et un magnifique jeu de son et lumière ... sur la Grand Place.
Le lendemain, on a embarqué dans la voiture de la  Présidente Viviane Quittelier, accompagnée de Willy Brion et on est parti « en route pour de nouvelles aventures ! » Trois hommes dans la voiture, sans compter le chien ! Et Viviane s`est tapée douze cents kilomètres, à elle toute seule !

Après bien des arrêts obligatoires (croissants frais, bonjour à Thierry Marguenot et à sa mère, promenades de Noisette), on est arrivé à Fontvieille où on a rencontré René Nouailhat, l’auteur d`une très intéressante étude sur Edgar P. Jacobs chez Mosquito (Jacobs, la marque du fantastique). On a bien sûr visité le célèbre Moulin du père de Tartarin de Tarascon, Alphonse Daudau - comme l’a baptisé ad hoc Roland !  Ensuite, on est allé à l`Abbaye Saint-Michel de Frigolet où on a été très bien accueilli – à l’improviste – par le Père Abbé T. G. Secuianu, né en Belgique de père Roumain ! Après avoir narré son expérience de directeur éditorial d’Averbode, il nous a fait visiter son monastère avec fierté, en nous guidant lui-même dans des pièces inaccessibles au public, dont notamment la bibliothèque contenant de vieux livres en train d`être restaurés par les pères du monastère.

On est parti avec la promesse de revenir et nous voici arrivés au Pont du Gard, une autre attraction touristique de la région : un colossal aqueduc construit par les Romains ayant résisté jusqu`à nos jours (grâce aussi, il faut le reconnaître, aux architectes et ingénieurs d`un autre empereur, plus récent, Napoléon III). Malgré ses dimensions pyramidales et tant de siècles d`histoire, les touristes étais plutôt attirés par le spectacle offert par les garçons et les filles qui se faisaient bronzer ou se baignaient dans le… Gardon !

Nous voici arrivés à La Farlède, le village de nos hôtes. France et Joël Le Lec nous ont accueillis les bras ouverts avec un sens de l’hospitalité propre aux gens du Midi (même si Joël est breton d’origine et France lyonnaise, née au Maroc). Ils habitent une villa coquette, cachée parmi des oliviers vieux de centaines d’années. Roland a bien profité de leur piscine. Le soir, Joël nous a charmé avec ses histoires d’ancien commandant de navire, et notamment son voyage à l’Ile de Pâques. France nous a émerveillés avec ses talents culinaires.

 

Le lendemain, Roland nous a entraînés au siège du journal régional, Var-Matin, où on a été interviewé sur le but de notre présence à Solliès par une jeune rédactrice stagiaire, Marion, belle à couper le souffle et très intelligente, qui nous a bombardés de questions. Le jour suivant, sur la première page du journal, on annonçait la présence de la BD chrétienne au salon et, à l’intérieur, deux articles sur toute un page ! Comme ça, personne ne pouvait plus ignorer notre présence sur les lieux.

Le surlendemain, nous rencontrons les dessinateurs chrétiens : les belges Dominique Bar, le plus grand dessinateur de la BD chrétienne (1,93 mètres !) et Floris, sympathique auteur traduit même en hongrois ; les Français Brunor (Bruno Rabourdin, un poète-philosophe de la BD chrétienne), Yves Gézou, gentil caricaturiste et Nicolas Grivet, père de famille (4 enfants) et directeur artistique du journal de l`évêché de Fréjus-Toulon. Tous ensemble, on a été reçu par Monseigneur Dominique Rey, l`évêque de Toulon qui, malgré son emploi du temps très chargé (il revenait d’Amérique), nous a posé des tas de questions sur la BD chrétienne et sur la préparation de la messe en plein air à l`occasion des 20 ans du Festival de Solliès-Ville.

Chose promise, chose due : le samedi matin, Monseigneur Rey, accompagné par deux prêtres et notre ami Roland tout de blanc vêtu, a prié pour les artistes BD et pour tous les participants du Salon. Pendant la messe, l`Esprit Saint (ou le Mistral, selon les témoignages) a soufflé avec un tel éclat à un moment donné qu`il a enlevé la calotte de Monseigneur et il a même failli emporter la tente sous laquelle se déroulait la cérémonie, si Joël, Roland et deux autres bénévoles n’avaient pas soutenu, tels des cariatides, les quatre montants de la tente ! Enfin, on se sentait tous plus proches de Dieu grâce à une chorale de brésiliens qui a chanté avec un bel entrain. La messe était transmise en direct par Radio Maria.

Béni par Monseigneur, le Festival a commencé : des dizaines de libraires et bouquinistes vendaient à tous les prix des bandes dessinées sur lesquelles les acquéreurs demandaient des autographes dessinés parmi les 60 auteurs présents. A cette occasion, j`ai eu le plaisir de revoir et saluer des artistes franco-belges invités par notre Salon Roumain : Schuiten et Peeters, Jean-Claude Denis et Charles Berberian, Fabien Lacaf et son épouse Nelly Moriquand, Lewis Trondheim, Dany, Felix Meynet, Ptiluc (dont les dédicaces étaient enflammées au propre). J`ai également fait connaissance avec le grand Marcel Marlier, qui a dessiné une très belle dédicace pour ma fille Eliza sur un de ses albums en Roumain (« Andreea »), Frank Margerin, Emanuel Lepage, Michel Plessix, Philippe Bonifay, qui ont exprimé leur intérêt pour venir à notre Salon Roumain. J’ai tout de suite fraternisé avec le Serbe Gradimir Smudja qui habite en Italie, mais quand il vivait a Novi Sad, il venait souvent à Timisoara, et aussi avec Tenzir Norbu, dessinateur népalais. J`ai revu avec plaisir mes correspondants et amis Michel Iarmarcovai (encore un Roumain ?) et Michel Vandenbergh du Centre Belge de la Bande Dessinée. Roland m`a présenté Jean Paul Boizard et son exposition inédite des entiers postaux BD dédicacés par leurs auteurs et aussi Louis Marticorena, grand bédéphile et correspondant de la revue de Louis Cance, HOP ! – tout comme moi.

Pendant les repas pantagruéliques servis dans la forêt du domaine de la Castille (« Bastide ? », « Mais non, Bastille », « Pas du tout, c`est la Castille »), j`ai croisé et parfois discuté avec Joe G. Pinelli, Batem, David Ratte (prix de la BD chrétienne à Angoulême 2008) et Scotch Arleston dont j`ai admiré une exposition des œuvres dessinées d’après ses scénarios. Mais je ne dirais rien ici de la paëlla préparée dans une poêle d`un mètre et demi de diamètre, copieusement arrosée par le vin blanc du domaine.

Le soir, avec les bédessinateurs chrétiens et l`équipe locale des organisateurs, nous nous sommes tous réunis chez les Le Lec devant un festin digne d`Obélix et Cie. Comme par hasard, cette nuit a vu s’ouvrir le « Berceau de Moise », une fleur rare ramenée par Joël de ses voyages exotiques qui ne fleurit qu’une seule nuit par an. Bien sûr, nous nous sommes tous fait photographiés à côté de la fleur.

Faut dire aussi qu’à l’église de Solliès, située sur la hauteur du village et représentée depuis 20 ans sur toutes les affiches du Festival, était présente une exposition des œuvres de Brunor (« L’Univers imprévisible »), des timbres de Roland et, plusieurs fois par jour, Viviane Quittelier a joué à l’orgue dont le buffet est le plus ancien de France ( !).

Il y a encore mille choses à raconter sur ce voyage fantastique, mais le plus simple et le plus beau serait que vous, lecteurs de Gabriel, alliez de vous-même visiter cette région pittoresque et accueillante.
A moi, il ne me reste qu’à remercier tous ceux qui ont rendu mon séjour inoubliable : Pascal & Patricia Orsini, Michel Iarmarcovai, France et Joël Le Lec, Viviane Quittelier et Roland Francart. Merci à tous ! 
Je vous attends en Roumanie ! 
Dodo Nita.

 

Voir plus de photos sur quelques auteurs cités, sur le voyage ou encore sur Tintin en Roumanie, le livre de Dodo Nita.

Commenter cet article