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Publié par Roland Francart


Vae Victis, Quetzalcoatl, Attila, Chroniques Barbares, … et voici Ben Hur. Une série de plus ? Pas avec Mitton. Avec lui, c'est un plus et non une répétition, un remake ou… ce qu'on voudra. D'autant plus que, dès les premières planches, on peut remarquer des différences avec les précédentes.

Ben Hur… un film célèbre, un acteur célèbre mais que je n'ai pas aimés. Les Américains ont une façon pour le moins sirupeuse de présenter des histoires, chroniques bibliques ou s'y rapportant, qui les rendent souvent indigestes.
Mitton n'est pas un croyant mais l'auteur de Vae Victis nous a plus habitués aux ténèbres qu'au Ciel. Et son œuvre décrit mieux l'enfer des hommes sur la terre que dans la géhenne. Mais les différences sont là. Le dessin d'abord, beaucoup plus lumineux, les contours des personnages et des objets, pleins, moins bigarrés, les visages moins sauvages ou bestiaux, même ceux des Romains, les maisons ou monuments ne ressemblent pas à des châteaux hantés, les paysages ne sont plus des décors de cauchemar. Bref, même le mal semble prendre des proportions humaines.

Qui plus est, on ne trouve plus cette profusion de sexe et de violence à la mode du jour et qui m'avait fait citer Mitton dans une précédente critique dans des termes rien moins qu'élogieux. On y découvrirait presqu'un rien d'eau de rose dans les dialogues, les pensées, les idées exprimées par les principaux acteurs.
A ce propos, le héros diffère également de la moyenne des précédents. La "Malinche", la louve d'Attila, le petit moine des Chroniques Barbares et jusqu'à Bouddica, reine et conductrice d'armée, semblent avant tout des anti-héros, ballotés par les circonstances, à la merci des puissances ou des puissants qui les dépassent, les déforment ainsi que leurs intentions ou leurs idéaux lorsqu'ils en ont.

Juda est, par contre, un véritable héros, positivement parlant. Non qu'il ait la puissance, au contraire, mais parce qu'il semble rester pur, même dans l'adversité. Nous dirions presque innocent. Tout comme Messala, par contraste, fait figure de méchant jusqu'à la caricature. Il y a là peut-être un retour partiel du héros classique de la BD. Ainsi, le dessin rejoint le récit dans un même esprit d'apaisement; même si l'histoire ne peut être que dramatique, elle devient humaine.

A cela, ajoutons que chaque série possède, chez Mitton, des vertus didactiques et un intérêt historique qui ne se dément pas. Il ne s'agit pas ici d'un simple récit d'un drame personnalisé. L'Histoire chez Mitton n'est pas un décor, un arrière-plan. Elle détermine les comportements, les caractères des personnages, leurs actes. Aussi figure-t-elle, dès le début, en première ligne. Inutile de souligner l'importance de la chose.
Un point commun à l'œuvre de Mitton : à la fin du volume, on brûle d'impatience de connaître la suite. Et tout comme le premier tome vaut d'être lu, le reste, on s'en doute, suivra sur la même ligne.

Manuel Quintela Martinez
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