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Publié par Roland Francart

Article paru dans Gabriel 48

 

    Je reprends la dernière ligne de ma précédente critique pour confirmation, bien que celle-ci, je la doive surtout à Mitton. En effet, le deuxième album de Ben Hur tient toutes ses promesses. Il garde également, ce qui est essentiel, les caractéristiques du premier d'un point de vue éthique. Autrement dit, Judas demeure un héros positif, avide de justice plus que de vengeance à l'encontre, par exemple, de la Louve Romaine qui, face à l'injustice, avait vu sombrer sa foi chrétienne pour devenir un monstre de haine et, plus qu'Attila, un fléau pour l'humanité. Les dernières paroles de Quintus Arrius à son fils adoptif forment la droite ligne morale adoptée par l'auteur dans son récit.

 

   Judas en est d'ailleurs l'illustration, en partie, inconsciente. Sa part de haine, qui le fait survivre aux galères, ne l'empêche pas de se montrer altruiste envers ses compagnons de captivité et droit dans ses actes. Plus encore, sa foi en Dieu ne l'a pas abandonné et, par là, en l'homme lui-même lorsqu'il plaide sa cause après de Quintus Arrius. N'est-ce pas son exemple et cette même foi qui fait d'un vieux Romain désabusé, noyant sa solitude dans le vin, un homme dans tous les sens du terme, et ennobli par son action ? A l'exemple de beaucoup, à travers les âges, lorsqu'il croit avoir sombré, tout comme son navire, perdu la bataille et n'avoir d'autre refuge que le suicide, dernier acte d'un orgueil proprement humain, le voilà sauvé par son esclave qui joue là le rôle de la Providence pour apprendre, plus tard, qu'il a gagné la bataille, qu'il est vainqueur et glorieux. Et ne rend-il pas ce bien en faisant de cet esclave son propre fils ? Ainsi, le Seigneur nous vient-il en aide au moment où on ne l'attend pas, où on ne l'attend plus, et nous donne une chance de nous racheter. Cette chance, Arrius la saisit, en devenant lui-même un instrument de la providence, qui tire un condamné de sa condition injuste. L'amour d'un père pour un fils qui lui est donné et qui comble tout autant Quintus et Judas sont la récompense du Très Haut pour combat de l'homme contre l'adversité et de sa volonté à préserver sa foi.

 

   Voilà un exemple où, tout comme dans notre quotidien, point n'est nécessaire de citer Dieu nommément en chaque instant pour qu'il transparaisse dans notre vie et qu'il révèle sa présence en transcendant le comportement des hommes.

Voilà ce qu'il faut retenir de cet album sans pour autant négliger la forme, le dessin, la rigueur historique, à travers l'illustration exemplaire d'un combat naval, qui sont la manifestation permanente du talent exceptionnel de J.-Y. Mitton.

 

Manuel Quintela Martinez

« Ben Hur, livre second : Quintus Arrius », dessin, scénario & préface de Jean-Yves Mitton, d’après Lewis Wallace. Adaptation en BD d’un roman du 19ème siècle (4 tomes prévus), éd. Delcourt Août 2009, 48 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-7560-01374-9

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