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Publié par Roland Francart

DANS  LA  SECTE

dessin Louis Alloing, scénario Pierre Henri,

préface de Catherine Picard, députée, présidente de l’ADFI,

éditions La Boîte à Bulles, collection Contre Cœur, Antony 2005,

un des trois albums sélectionnés pour le Prix 2006 du Jury Œcuménique BD

 

 

            secte-TN-1.jpg      Revoici la problématique des sectes.

            Quoi de plus normal puisque, depuis des années qu'on en parle, peu de progrès ont été enregistrés dans ce domaine. Je veux parler de la dénonciation et de la lutte contre ce fléau. Tâche d'autant plus difficile qu'elles bénéficient souvent de hautes protections.

            L'intérêt de cette BD réside dans le démontage de la mécanique d'une secte parmi les plus exemplaires, la scientologie. Et ce, à travers le parcours individuel d'une future membre, de la description de la nouvelle victime, en passant par toutes les étapes de son initiation, puis, de son ascension dans la hiérarchie de l'organisation. Nous trouvons là un historique commun. Car il existe un profil type visé par ce genre d'organisme et, par cela même, un parcours scientifiquement déterminé. Le voir ici objectivement décrit nous fait penser à la formulation du diagnostic d'une maladie quelconque ainsi que son traitement, sauf, qu'elle n'est pas quelconque et qu'elle se voit aggravée par le traitement censé la guérir.

            Le dessin est parfaitement adapté au thème choisi. Froid, sombre et plat, à l'image de la vie de ceux qui succombent au phénomène. Glacial et quasi inhumain comme le salut offert par les scientologues. Mais, n'est-ce pas là la (triste) réalité? Même la libération de l'héroïne ne change rien à la texture. Elle reste en butte aux persécutions de la secte, à l'incompréhension du public et des autorités, à l'injustice qui demeure, à l'angoisse et aux cauchemars qui s'ensuivent. Ce n'est pas là une nouvelle vie mais, souvent, l'ancienne qui reprend ses droits. Tout comme celle du désintoxiqué d'une drogue, de l'alcool ou du jeu. C'est une nouvelle lutte qui commence…

            C'est pourquoi, cette œuvre correspond à une nécessité. Celle d'une société qui a renié ses valeurs, ses croyances au fil de nouveaux besoins ou par dilettantisme contestataire. Où systèmes et contre-systèmes, économiques, politiques, philosophiques, ont échoué ou semblent l'avoir fait. Alors, ne reste plus que la vie avec un signe moins. Ou l'absence de vie. Viennent alors les trafiquants des âmes, des idées, les marchands de mort. Pour vous inoculer la mauvaise potion, la mauvaise drogue. Celle qui asservit et vous réduit en esclavage. Pire que celui auquel vous croyiez échapper.

            Lisez cet album. Il en vaut la peine. Et, si vous vous sentez mal, accablé, inquiet, voire même déprimé, c'est qu'elle aura atteint son but. Celui de vous impressionner et de vous faire réfléchir…

 

 

                                                                         Manuel QUINTELA  MARTINEZ

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