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Publié par Roland Francart

 

Jean-Baptiste Fouque

(Dominique et Pierre Bar, éditions du Triomphe, Paris 2010)

 

Nous voici en face du grand prix Gabriel 2011. C'est pour moi une grande première que d'avoir à exprimer une opinion sur une œuvre primée, donc faisant l'objet d'une sélection par un jury auquel j'ai pris part. Mieux encore, je ne l'avais pas choisie de mon propre chef à la première marche du podium. Ai-je eu tort ? Tout le monde peut se tromper. Soit ! Ouvrons-la.

A première vue, le dessin de Dominique. Bar est correct, voire plaisant. Le trait est net, la figuration des décors et, surtout, l'expression des personnages est très bien rendue. La couleur nous fait songer aux huiles, si nombreuses, peignant une époque bien souvent misérable et terne d'une fin de XIXe siècle de pauvreté humaine et d'essor industriel. C'est le réalisme sans fard du monde des choses et des hommes. Dominique Bar le réalise unanimement dans son dessin auquel le coloris s'adapte parfaitement. Car c'est du réel et de l'homme qu'il nous parle. Plus même, puisque le récit ressemble à une enquête ou un reportage sur une personne qu'on voit à peine. De plus, ses actions font l'objet d'une critique, qui plus est de la part de ses adversaires naturels, à savoir les anticléricaux bon teint d'une France républicaine acharnée à réduire l'influence de l'Eglise dans la société (enseignement laïc, interdiction de cérémonies publiques, etc.). L'œuvre de Fouque est passée au crible, à commencer par lui-même. Abbé falot, au grade inconsistant au sein de l'Eglise, à la popularité médiocre, et dont l'action se limite à de bonnes œuvres qui sont, somme toute, l'acabit de tout prêtre. Qui pourrait même être interprétée comme une lutte larvaire contre la République laïque.

Pourtant, chaque diatribe lancée contre lui se voit contredite. Un nouveau témoignage, un fait, révèle les contours d'une œuvre et de son auteur. Celui-ci n'est jamais où on le cherche (un bureau, un diocèse). Il est là où ça se passe réellement. A l'image de son Dieu. Il se révèle aussi dans ce qui au départ est à peine esquissé. Sa foi immense, incommensurable, qu'il exprime à travers l'amour des plus déshérités : des jeunes filles plongées dans la misère et le chômage, les enfants victimes de la guerre ou les délinquants rejetés par le système. Une foi qui fait bouger les montagnes car comment un homme qu'on ne voit presque nulle part peut-il être partout en même temps ? Comment trouve-t-il des locaux pour loger les plus pauvres, de l'argent pour les nourrir, des appuis pourtant chichement octroyés, pour leur offrir des activités, l'instruction, etc. ? Le travail ! Le travail surhumain et la présence omnisciente du miracle, non celui spectaculaire à grande échelle, mais celui quotidien qui forme l'étincelle d'où surgit le sou manquant, le lit, le bâtiment, la personne, la bonne volonté qui permet de surmonter les obstacles. Ainsi, s'expliquent ces 30.000 francs qui surgissent à point nommé, tels un trésor déterré mais déterré à un seul puits : celui de la foi et de la confiance en Dieu mais ne l'oublions pas, à base d'efforts inouïs selon le bon vieux principe "aide-toi, le Ciel t'aidera".

En cela, le chemin de Fouque ressemble à celui du Messie. Il se heurte tout comme lui à l'incompréhension et à l'hostilité du monde, surtout du monde régnant. Des autorités ecclésiastiques qui le considèrent avec méfiance, les apôtres de la laïcité ou de la révolution en chambre qui voient en lui un récupérateur de la discrimination sociale et du mécontentement qu'elle engendre et enfin de peuple lui-même qui ne lui pardonne pas ce qu'il appelle ses entreprises de bigoterie. Enfin le patronat qui témoigne une indifférence absolue de son œuvre et ne sait qualifier ce personnage. Un anarchiste en soutane ou soupape de sécurité, pompier éteignoir d'un éventuel incendie social ?

Ainsi cette réunion (fictive) visant à lui conférer ou non une dérisoire légion d'honneur devient presque un tribunal tel celui de Caïphe qui condamna Jésus. Mais tout comme le précédent, il tourne au désavantage des juges. La sainteté du prévenu se révèle dans l'incapacité des juges à le condamner. Dans la conviction intérieure que Fouque est guidé par l'Esprit-Saint au point de produire au milieu de cette assemblée une conversion. Un miracle de plus.

Voici donc une œuvre très fouillée, subtile, et qui risque de produire sur le lecteur le même effet que chez les personnages du récit. Un retournement de pensée, des valeurs qu'on nous a inculquées, de notre jugement à priori car Fouque secoue constamment nos idées reçues, l'image traditionnelles de nos vues, tout comme il transforme dans une classe d'élèves les formes d'un chahut en preuve indélébile de la foi en Dieu.

Sa mort et son enterrement auquel tous assistent, amis, élèves, frères de la première heure, et même ses anciens ennemis témoignent, tout comme celle du Christ, de la vérité sacrée. Celle de l'œuvre, de l'homme, du prêtre, du chrétien qu'il était et sera toujours.

Tout comme moi-même qui en suis venu à reconsidérer mon impression  première (miracle ?) et à voir dans cette BD une lecture incontournable que je vous propose à tous de partager.

 

Manuel Quintela Martinez

 

Deux Marseillais à Bruxelles pour le Prix Gabriel 2011

 

PRIX GABRIEL 2011 À LA BD SUR L’ABBÉ FOUQUE

 

Sont venus à Bruxelles le Samedi 26 février 2011, à 11 h, pour l’Assemblée Générale du CRIABD et à la remise du Prix GABRIEL pour la BD « Jean-Baptiste FOUQUE » des frères Dominique et Pierre BAR (éd. du Triomphe 2010) :

- Monsieur Antoine d'Arras, Directeur du Développement et des Partenariats Fondation Hôpital Saint Joseph, fondé par l’Abbé Jean-Baptiste Fouque en 1919, hôpital privé sans but lucratif, le plus important d’Europe

- Abbé Charles Sighieri, Curé d’Auriol (15 km de Marseille, où fut Curé l’Abbé Fouque)

Avec l’accord de Mgr Georges Pontier, Archevêque de Marseille

La BD a été tirée à 10.500 exemplaires et est vendue partout à Marseille et dans les librairies religieuses de France et de Belgique.

Une page dans « La Provence » lui a été consacrée (voir en attaché)

Le scénariste Pierre BAR (Liège) a été 4 jours à Marseille avant d’imaginer son scénario qui comporte une part de fiction (une réunion anti-cléricale pour remettre la légion d’honneur à l’Abbé Fouque), mais est très précise sur des faits historiques. Il a pu rencontrer un des deux contemporains de l’Abbé Fouque (mort en 1926).

Cette bande dessinée a été réalisée grâce au soutien de l'Union des oeuvres et amis de l'abbé Fouque, dont Antoine d’Arras est le Trésorier.

 

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