Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Roland Francart

Ci-dessous, un article paru le jeudi 2 décembre 2010 dans La Croix :
 

01/12/2010 15:45 (copié-collé de
la-Croix.com)


 

La BD chrétienne prend le virage du manga



À Bruxelles, où le jésuite Roland Francart anime un Centre religieux d’information et d’analyse de la bande dessinée, se tient une exposition « Manga, le Messie »


Logo du Centre religieux d’information et d’analyse de la bande dessinée (CRIABD)

Depuis soixante-dix ans, « l’Évangile est aussi dans les bulles ». Et depuis vingt-cinq ans, le Frère Roland Francart, jésuite, belge, professeur de géographie, et passionnément bédéphile, s’emploie à le proclamer !

Initiateur en 1985 du prix de la bande dessinée chrétienne (exporté à Angoulême à partir de 1987 dans le cadre du Festival de la bande dessinée) puis du « prix du jury œcuménique », qui récompense chaque année un auteur pour la « valeur humaine » de son travail, il s’est entouré depuis vingt-cinq ans d’une dizaine de bénévoles, tout aussi passionnés, qui se démènent avec peu de moyens pour recenser et archiver les bandes dessinées chrétiennes qui existent, et les promouvoir auprès des librairies religieuses et du public.

2 000 bandes dessinées chrétiennes

Situé à Bruxelles, au cœur du collège Saint-Michel (qui scolarise 2 500 élèves en primaire et secondaire), le salon de lecture du Centre religieux d’information et d’analyse de la BD (CRIABD) met aussi à disposition des élèves et du public 2 000 bandes dessinées chrétiennes, en 40 langues, et s’emploie à compléter régulièrement la collection. « Une vingtaine de bandes dessinées chrétiennes sortent chaque année », explique le Frère Francart.

Du premier Don Bosco, dessiné par Jijé en 1941, aux mangas actuels, il analyse avec finesse l’histoire et l’évolution de la bande dessinée chrétienne : vingt ans d’« âge d’or » jusqu’en 1960, suivis au contraire d’années moroses où « le monde de la BD et le monde religieux ne s’apprécient pas mutuellement » ; un renouveau ensuite sous l’impulsion des catéchistes, toutefois « cantonné dans le petit monde clos des catholiques », et enfin, le tournant des années 1990, où des éditeurs classiques s’emparent de la bande dessinée chrétienne, en y injectant un véritable souffle nouveau.

"Des élèves non croyants ont découvert l’Évangile par le manga"

Les nouvelles tendances ? Il les évoque sans nostalgie : « Les jeunes d’aujourd’hui n’empruntent plus que des mangas. Ils ont grandi dans les dessins animés japonais, le manga est donc leur langage BD, même si cela déroute souvent leurs aînés. » « Je peux vous parler d’élèves non croyants qui ont découvert l’Évangile par le manga », renchérit Roselyne Chevalier, administratrice du centre, en brandissant le troisième tome de la série Bible en Manga, qui a remporté cette année le prix du Festival d’Angoulême.

Alors, pour fêter ses vingt-cinq ans, tout en témoignant des chemins d’avenir, le CRIABD présente – outre une exposition sur la « BD chrétienne en Chine » et une analyse passionnante des bandes dessinées consacrées à la vie du P. Emmanuel d’Alzon – l’exposition « Manga, le Messie » réalisée par les éditions protestantes BLF Europe.

De grandes pages de ces dessins japonais ont donc été suspendues temporairement dans l’église du collège, pour représenter l’histoire du Nouveau Testament dans un style moderne mais pas déroutant. Et plus qu’un simple outil de catéchisme, Roland Francart rêve que le 9e art acquiert ses lettres de noblesse en matière d’ouverture universelle aux religions et à la spiritualité.

Raphaëlle d'YVOIRE, à Bruxelles
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article